Nous occupons tour à tour les secteurs de Mazerulles et des environs durant fin avril et la première partie du mois de Mai.

    Les sous-bois sont des plus jolis, les cabanes faites par les poilus les années précédentes ne servent plus mais avec la brume du matin sont à photographier pour en garder le souvenir. Dans ce bois il n'est pas rare de rencontrer par place des tombes de français ou de boche, il y amême des tranchées faites hâtivement en 1914 qui servent de tombes à des groupes de soldats tués  lors de la bataille de septembre. du côté de notre butte de tir où nous allons faire nos exercices à la mitrailleuse, il y avait des tombes de boches. d'un autre côté près d'une guitoune il y avait une tombe de trois bavarois avec un petit entourage bien précaire. Il est certain que tout cela n'existe plus maintenant.

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Forêt de Champenoux 27 avril 1917Tombes de 3 bavarois

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Bois du Raon 28 avril 1917 - Le déjeuner des mitrailleurs sous bois.

   La compagnie de mitrailleuse partait des journées entières au moins, au bois du Raon où du reste, les restes du bataillon allait pour faire des corvées de toutes sortes, peut-être même aussi faire des coupes de bois. Les poilus déjeunaient sur place. Le 28 avril je prends une photo des mitrailleuse à l'heure du repas.

  Nous quittons ce secteur pour cantonner quelques heures à Serres où les cuisines roulantes nous servent un repas chaud et de là nous filons sur l'Est pour aller prendre les lignes dans le secteur de Bathelemont.

BATHELEMONT

   Bathelemont est un très joli pays en bon état, mais malheureusement entouré de grosses pièces d'artillerie, ce qui peut-être nuisible pour son avenir. des obus boches tombent dans les champs entourant ce pays perché sur une légère hauteur. Le bataillon est en ligne plus à l'est également sur quelque hauteur renommée.

    Lors d'un coup de main boche nous avons eu des pertes dans les compagnies et aussi malheureusement à la mitraille où quelques bons petits mitrailleurs sont tués peu avant une relève. Leurs camarades ont tenu à les ramener au village où ils furent enterrés.

   Le bataillon occupait aussi parfois un bois à proximité du village nommé "Bois de Bénamont", où des cabanes assez confortables étaient installées et qui avec les premiers beaux jours étaient du plus joli effet. Il y avait de nombreuses sources et les poilus avaient organisées des cascades à l'aide de troncs d'arbres creusés et inclinés.

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   Dans les clairières du bois, de place en place sont installées des mitrailleuses dont le canon est vers le ciel. Certaines sont même installées sur des roues de voitures fixées sur des troncs d'arbres et servant de plate-forme tournantes. C'était en somme un cantonnement de repos.