Par très beau temps, le 16 mars dans le courant de l'après-midi alors que le sol était encore couvert de neige par place, des avions boches arrivent de l'Est. Ils sont très haut. Ils prennent la direction de Nancy et passent au dessus de Hoëville. Bien entendu nous nous précipitons tous dehors pour mieux voir. D'autres avions, cette fois des français évoluent un peu plus loin du coté de Réméreville..se voient-ils ? Il est probable puisque les boches semblent hésiter dans la poursuite de leur marche, ils tournent, nos avions avancent, les mitrailleuses entrent en danse. Nous voyons les trajectoires des balles lumineuses laissant un filet de fumée sur leur parcourt. Le crépitement s'anime, il nous est impossible de reconnaître nos avions des autres. Le soleil fait briller les ailes et  cocardes ou croix de Malte ne se voient plus. Un avion tombe faisant de nombreuses pirouettes, un autre le poursuit dans sa chute, c'est alors que nous voyons l'insigne boche au poursuivant. Le français culbute de plus en plus et va bientôt s'abimer dans un bois, mais...un autre avion resté jusqu'ici invisible à tous prend le boche en chasse et le descend en quelques balles. Il tombe en flammes loin du village et les deux français reprennent de la hauteur. Celui qui tombait en feuille morte et semblait désemparé exécutait tout simplement une manoeuvre audacieuse.

    A peine deux minutes après, de nouveaux les mitrailleuses se faisaient entendre...encore les boches. Cette fois ils voulaient se venger. Ils avaient fait semblant de repartir chez eux et avaient pris de la hauteur pour retomber sur les nôtres. La risposte ne se faisant pas attendre et le combat reprenant de l'ardeur, les boches se séparent, deux autres avions sont aux prises. De nouveau nous en voyons un descendre, cette fois ses croix sont apparentes, c'est un boche. Il semble désemparé, est-ce une manoeuvre ou une chute qu'il cherche à adoucir ? C'est une chute, le moteur est touché et l'avion tombe dans un champ où nous accourons, les brancardiers se munissent d'une civière. L'avion venant de culbuter dans son atterissage brusqué, des gosses de paysans viennent eux aussi aux nouvelles. Nous trouvons l'avion les pattes en l'air, l'hélice brisée. Le pilote est retiré de dessous la carlingue et  emmené au poste de secours. Il n'avait pas grand chose, et a pu être évacué dans les 24 heures. Nous apprenons que Guynemer venait de descendre ces 2 avions.

   

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 Transport du pilote boche bléssé dans sa chute

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