En remplacement de "Pattes-à-ressorts" l'on venait de m'affecter un nouveau cheval du nom de Loulou, c'était donc ma troisième monture depuis mon arrivée au 206. Elle ne valait guère mieux que les précédentes, quoique très bonne bête, très douce, d'un bon trop ou galop, mais se fatiguant rapidement. Usée et pas très forte, un bon cheval pour un officier d'Infanterie à la condition de n'être pas trop lourd.

    Jusqu'ici j'avais eu "Pervenche" qui était venue avec moi de Béziers, bête à laquelle il ne fallait pas trop non plus lui en demander ; puis "Pattes-à-ressorts", trottant et galopant sec et enfin "Loulou" que je ne devais pas garder longtemps grâce aux démarches du Lieutenant payeur (vrai maquignon) qui s'était mis en tête de me trouver une bonne bête. Il cherchait l'occasion et avait une jument en vue, mais de son côté, le Colonel voulait se la réserver.

    Le 4 mars, Chérot à voulu photographier ma nouvelle monture. Il s'est livré à une petite mise en scène. L' Ordonnance du Capitaine qui s'occupait également de ma bête, tenait celle-ci par la bride pour la circonstance et je devais faire semblant de donner des ordres à Garbay, le Caporal d'ordinaires. Ma monture avait même sur le dos, la selle du capitaine Delumeau et j'avais à la main la cravache trouvée lors de notre arrivée à Verdun fin février 1916.

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    Le même jour, notre musique nouvellement créee donnait le soir son premier concert devant le bureau du Colonel. J'ai pu prendre une photo de la fenêtre de notre bureau donnant sur la rue.

    Depuis le début de la guerre nous n'avions en fait de musique que la clique, c'est-à-dire les tambours et clairons. Les régiments de réserves n'avaient pas de musique de prévue. Petit à petit tous les régiments de réserve en ont crée ; c'était une très bonne chose appréciée de tous les poilus. Les nouveaux musiciens prenaient les fonctions de brancadiers des Compagnie et pouvaient ainsi toujours être rassemblés dès que l'on était au repos sans gêner le service.

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