Cette année là, je suis agent de liaison "à la Mitraille". Je n'ai plus affaire au chef de Bataillon, tout en restant affecté au 6e Bataillon où je suis depuis 1914.

 Avec mon nouveau Chef, je fais parfois des inspections vers les lignes, mais je suis surtout chargé de la direction des conducteurs de voiturettes de mitrailleuses. Il ya en a 16 ainsi que 16 voiturettes et autant de mulets (sauf quand nous en avions de tués, de blessés ou de "récupérés").

  A nouveau je change de monture. Cette fois j'hérite d'une belle bête qui fait fort envie au Colonel. Il ne se passait  de mois sans qu'il m'en parle. A chacune de nos rencontres il me demandait si elle était docile. Elle était connue comme très sensible des reins et aimant se débarasser de son cavalier. Le Colonel voulait éviter de se donner en spectacle. De temps en temps mon Capitaine la montait, mais quoique bon cavalier et pas peureux, il lui arrivait de descendre plus vite qu'il ne le souhaitait. Le Colonel étant au courant et j'ai ainsi pu garder ma jument "Hydille" jusqu'au bout.

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  Les cinq premiers mois sont passés en Lorraine, aux environs de Nancy.

  En juin nous allons dans un camp d'instruction où toute la division est réunie.

  En juillet, nous allons occuper le chemin des Dames, où nous revoyons un "Petit Verdun" en raison des tirs d'artillerie mais avec en plus es obus à gaz".

  Nous venons ensuite au repos près de Paris, pour ensuite remonter à nouveau au chemin des Dames.

  Puis nous venons au repos près de Bazoches à Saint-Thibaut (près de Fîsmes - Marne).

  En novembre nous allons vers Saint-Quentin en vue d'appuyer une attaque des anglais.

  En décembre, nous voici de retour à Verdun et notre régiment occupe le secteur de Bras au nord de Verdun.